{"id":1189,"date":"2013-12-14T21:53:53","date_gmt":"2013-12-14T20:53:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lepennec.org\/partons\/?p=1189"},"modified":"2013-12-14T21:53:53","modified_gmt":"2013-12-14T20:53:53","slug":"les-imposteurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lepennec.org\/partons\/les-imposteurs\/","title":{"rendered":"Les imposteurs"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 notre arriv\u00e9e \u00e0 Cluj-Napoca, le p\u00e8re de St\u00e9phane nous avait dit \u00ab Vous \u00eates des h\u00e9ros \u00bb. Avec son joli accent roumain, cela sonnait un peu comme \u00ab vous \u00eates des z\u00e9ros \u00bb et \u00e7a nous faisait bien rire. Jusqu&rsquo;\u00e0 Istanbul, nous nous sentions de \u00ab vrais \u00bb voyageurs \u00e0 v\u00e9lo. Hormis une travers\u00e9e en train des montagnes roumaines enneig\u00e9es pour rejoindre la mer noire et un passage \u00e9clair en stop pour arriver \u00e0 l&rsquo;ancienne Byzance, c&rsquo;est essentiellement la force de nos mollets qui nous avait fait avancer.<\/p>\n<p>Mais voil\u00e0, nous avons depuis d\u00e9couvert les joies du transport en bus et c\u00e9d\u00e9 plusieurs fois \u00e0 la facilit\u00e9 m\u00e9canique. Nous laissons ainsi au chauffeur la sin\u00e9cure d&rsquo;avaler les kilom\u00e8tres et de gravir ces routes escarp\u00e9es pendant que nous admirons le paysage d\u00e9fil\u00e9 sous nos yeux. Bien \u00e9videmment, la terre n&rsquo;est pas aussi belle en autocar, mais cela nous permet d&rsquo;avancer \u00e0 vive allure. En plus, \u00e0 bord, la temp\u00e9rature est cl\u00e9mente, Elouan peut profiter des diffusions de Cartoon Network et le personnel d\u00e9ambule dans l&rsquo;\u00e9troit couloir avec un petit plateau charg\u00e9 de friandises et de boissons. Notre voisin octog\u00e9naire cleptomane s&rsquo;en est d&rsquo;ailleurs rempli les poches avant de les refiler discr\u00e8tement \u00e0 Elouan.<\/p>\n<p>En l&rsquo;espace d&rsquo;une semaine, nous avons travers\u00e9 la Turquie du nord au sud, quitt\u00e9 la mer de Marmara pour rejoindre les bords de la mer \u00c9g\u00e9e. Il nous aura fallu prendre deux bus, voyager de nuit avec les enfants endormis sur nos genoux, graisser la patte des chauffeurs un peu effray\u00e9s par notre chargement. 9H30 de bus plus tard, nous arrivions \u00e0 Mu\u011dla, sous la pluie, fatigu\u00e9s et un peu d\u00e9\u00e7us de ne pas sentir une r\u00e9elle diff\u00e9rence au niveau de la temp\u00e9rature.<\/p>\n<p>Nous avions pr\u00e9vu le coup pour la suite en contactant un membre du r\u00e9seau Warmshower pour lui demander l&rsquo;hospitalit\u00e9 pour deux jours. Adnan est le fondateur du club cycliste local. Ne pouvant nous h\u00e9berger, il nous avait trouv\u00e9 une solution de repli chez un de ses \u00e9tudiants. Apr\u00e8s un bon caf\u00e9 \u00e0 la gare routi\u00e8re, nous avons repris nos v\u00e9los pour nous diriger vers le centre-ville. M\u00eame sous la pluie battante, la ville nous a plu d&#8217;embl\u00e9e. C&rsquo;est peut-\u00eatre la premi\u00e8re en Turquie qui ne semble pas n\u00e9e des ann\u00e9es 50. De belles maisons traditionnelles jalonnent les rues pi\u00e9tonnes, \u00e7a nous rappelle un peu Sozopol sur la c\u00f4te bulgare, en plus vivant. Nous croisons par hasard Ali, qui nous emm\u00e8ne nous mettre au sec dans son magasin de v\u00e9los. Il nous offre le th\u00e9 et en profite pour inspecter et r\u00e9viser l&rsquo;engin de Sandrine, gratuitement. Ali finit par appeler Adnan qui contacte Heja, l&rsquo;\u00e9tudiant cens\u00e9 nous h\u00e9berger.<\/p>\n<p><strong>Heja au grand c\u0153ur<\/strong><\/p>\n<p>Au final, nous ne dormirons jamais ni ne verrons l&rsquo;appartement d&rsquo;Heja. Il nous conduit d&rsquo;abord chez son ami Fatih qui vit dans une maison dans le quartier universitaire. Nous passerons l\u00e0 la premi\u00e8re nuit apr\u00e8s avoir fait la connaissance du petit cercle d&rsquo;amis. Le lendemain, nous levons le camp pour nous installer ailleurs, chez Alif, la voisine d&rsquo;Heja, qui vit dans un confortable appartement 3 pi\u00e8ces.<\/p>\n<p>Il est difficile de d\u00e9crire \u00e0 quel point Heja, Fatih, Seda et Alif ont fait preuve de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et de gentillesse \u00e0 notre \u00e9gard. Ils nous ont re\u00e7us comme des princes, nous servant \u00e0 chaque repas des mets d\u00e9licieux concoct\u00e9s en deux coups de cuiller \u00e0 pot. En l&rsquo;espace de trois jours, c&rsquo;est tout un pan de la cuisine turque que nous avons englouti, surtout Sandrine, toujours bonne derni\u00e8re \u00e0 table. Nous avons eu droit \u00e0 des feuilles de vigne faites maison, des soupes en tout genre, des l\u00e9gumes grill\u00e9s et \u00e9pic\u00e9s accompagn\u00e9s de yaourt. Tout cela semble simple mais n\u00e9cessite un vrai savoir-faire pour \u00eatre succulent. Nous nous sommes lanc\u00e9s dans la r\u00e9plique sans obtenir le m\u00eame succ\u00e8s. Il y a d&rsquo;ailleurs une formule de politesse (Elinize sa\u011flik) qu&rsquo;on utilise lorsque l&rsquo;on quitte la table, rep\u00fbt et combl\u00e9. Elle se traduit par \u00ab que Dieu b\u00e9nisse vos mains ! \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Mu\u011dla Bisiklet Club<\/strong><\/p>\n<p><strong><\/strong>Adnan, le pr\u00e9sident du club cycliste nous avait demand\u00e9 deux choses : faire une pr\u00e9sentation de notre voyage et faire une sortie \u00e0 v\u00e9lo avec eux dans les montagnes avoisinantes. Fort heureusement, il faisait un froid de canard dimanche matin et nous avons pu \u00e9chapper aux 50km pr\u00e9vus. Nous \u00e9tions soulag\u00e9s de ne pas y aller. Nous n&rsquo;avions aucune envie de parader et d&rsquo;essayer de suivre la cadence de cyclistes l\u00e9gers et chevronn\u00e9s. Par contre, chose promise chose due, nous avons bel et bien pr\u00e9sent\u00e9 notre voyage \u00e0 un petit comit\u00e9 dans le local du club. Ce fut une belle exp\u00e9rience, Adnan traduisant en simultan\u00e9 nos paroles de l&rsquo;anglais vers le turc. La pr\u00e9sentation a dur\u00e9 plus d&rsquo;une heure, beaucoup de questions nous ont \u00e9t\u00e9 pos\u00e9es. Sans pr\u00e9paration, nous estimons que nous nous en sommes plut\u00f4t bien sortis. Cela nous a permis de voir le chemin qui nous restait \u00e0 parcourir si nous voulions faire des conf\u00e9rences \u00e0 notre retour.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s Mu\u011dla, nous avons repris les v\u00e9los pour nous diriger un peu plus au sud. Nous avons quitt\u00e9 le plateau anatolien pour atteindre Akakya, village c\u00f4tier situ\u00e9 \u00e0 30km. Anthony, cycliste fran\u00e7ais rencontr\u00e9 lors de notre conf\u00e9rence nous a accompagn\u00e9 pour cette sortie. Parti de Paris en ao\u00fbt 2012, il s&rsquo;est install\u00e9 \u00e0 Mu\u011dla l&rsquo;hiver dernier. Il ne semble pas press\u00e9 de vouloir rentrer en France et nous le comprenons. \u00c0 Akyaka, il nous a pr\u00e9sent\u00e9 Ayten et son fils Robin qui vivent ici avec la grand-m\u00e8re. Nous avons \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 manger avec eux au grand plaisir d&rsquo;Elouan et de Yana\u00ebl, tout contents de d\u00e9couvrir une pi\u00e8ce remplie de jouets et de pouvoir jouer avec Robin et Anthony.<\/p>\n<p>Une chose est s\u00fbre, nous nous sommes d\u00e9got\u00e9s un sacr\u00e9 r\u00e9seau de baby-sitters ici. Heja, Fatih et Anthony adorent les enfants et nous h\u00e9sitons \u00e0 investir nos derniers deniers dans la cr\u00e9ation d&rsquo;une cr\u00e8che.<\/p>\n<p>Il nous restait encore un d\u00e9tail \u00e0 r\u00e9gler avant d&rsquo;arriver \u00e0 Akyaka. Nous connaissions notre cap, mais vu les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques, camper aurait \u00e9t\u00e9 suicidaire. Depuis quelques jours, le vent lamine la c\u00f4te et l&rsquo;int\u00e9rieur du pays avec des rafales \u00e0 plus de 90km\/h. Nos amis nous ont encore une fois bien aid\u00e9s. Ils nous ont trouv\u00e9 un petit appartement \u00e0 Akyaka pour 10\u20ac la nuit. Bien nous en a pris, en allumant la t\u00e9l\u00e9 le lendemain, nous avons appris qu&rsquo;Istanbul et le nord de la Turquie \u00e9taient sous la neige, notre travers\u00e9e en bus aura \u00e9t\u00e9 salvatrice. Nous attendons donc sagement que le temps s&rsquo;am\u00e9liore avant de continuer notre chemin vers la p\u00e9ninsule de Bozburun et d\u00e9couvrir un peu mieux cette c\u00f4te qui semble si belle.<\/p>\n<p>En un mois, nous aurons dormi deux fois sous la tente, roul\u00e9 5 jours sans forcer sur les kilom\u00e8tres. C&rsquo;est un autre voyage qui a commenc\u00e9 depuis notre arriv\u00e9e \u00e0 Istanbul. Nous prenons notre temps. Notre seul objectif \u00e9tant de ne pas trop souffrir du froid.<\/p>\n<p><strong>La crise bretonne<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 la Bretagne semble pr\u00e9occuper le gouvernement fran\u00e7ais, je me disais que l&rsquo;islam pouvait \u00eatre une solution \u00e0 une industrie agroalimentaire en crise. Bretons, convertissez-vous vite !Les cochons dispara\u00eetront !<\/p>\n<p>Ronan<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 notre arriv\u00e9e \u00e0 Cluj-Napoca, le p\u00e8re de St\u00e9phane nous avait dit \u00ab Vous \u00eates des h\u00e9ros \u00bb. Avec son joli accent roumain, cela sonnait un peu comme \u00ab vous \u00eates des z\u00e9ros \u00bb et \u00e7a nous faisait bien rire. Jusqu&rsquo;\u00e0 Istanbul, nous nous sentions de \u00ab vrais \u00bb voyageurs \u00e0 v\u00e9lo. 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