{"id":1606,"date":"2014-04-04T11:54:54","date_gmt":"2014-04-04T09:54:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lepennec.org\/partons\/?p=1606"},"modified":"2014-04-04T11:54:54","modified_gmt":"2014-04-04T09:54:54","slug":"fin-de-la-grece","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lepennec.org\/partons\/fin-de-la-grece\/","title":{"rendered":"Fin de la Gr\u00e8ce"},"content":{"rendered":"<p align=\"JUSTIFY\"><b>Trop de mers tuent la mer<\/b><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La Gr\u00e8ce est le deuxi\u00e8me pays, apr\u00e8s la R\u00e9publique Tch\u00e8que, que nous ayons eu h\u00e2te de quitter. Nous y sommes rest\u00e9s trois mois. C&rsquo;\u00e9tait un peu trop. Notre choix de parcours pour la saison froide nous a fait opter pour les \u00eeles et un peu de routes c\u00f4ti\u00e8res, de ce fait nous nous sommes coup\u00e9s de la Gr\u00e8ce plus authentique du continent et avons surf\u00e9 de lieux touristiques en lieux touristiques. Nous ne pensions pas en arriver l\u00e0, mais nous sommes devenus un peu blas\u00e9s de la c\u00f4te, de la mer, des belles plages et des \u00ab\u00a0tavernas\u00a0\u00bb. Trop de \u00ab\u00a0rooms to let\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0tradionnal grec food\u00a0\u00bb, free umbrellas\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pourtant, nous avons eu droit en Gr\u00e8ce \u00e0 nos plus beaux paysages. Les \u00eeles sont une splendeur\u00a0! Karpathos et l&rsquo;ouest de la Cr\u00e8te resteront certainement nos plus belles \u00e9tapes. Alors pourquoi\u00a0? Parce que nous sommes devenus paresseux au fil des pays travers\u00e9s et que nous avons \u00e0 peine appris trois mots de grec. Nous sommes rest\u00e9s dans la facilit\u00e9 de l&rsquo;anglais que la plupart des gens parlent couramment. M\u00eame la mamie de la petite sup\u00e9rette \u00e0 Karpathos \u00e0 qui j&rsquo;ai mim\u00e9 un pain m&rsquo;a r\u00e9pondu dans un anglais presque meilleur que le mien. Et parce que m\u00eame si la majorit\u00e9 des Grecs ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s gentils, nous avons eu peu de contacts profonds avec les gens du pays. C&rsquo;est ce qui nous a le plus manqu\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous avons commenc\u00e9 \u00e0 r\u00eaver de montagnes et de villages dans lesquels il n&rsquo;y avait pas une seule enseigne en anglais. Nous en sommes venus \u00e0 r\u00eaver de l&rsquo;Albanie. Mais en attendant d&rsquo;y arriver, nous ne voulions pas g\u00e2cher tout \u00e0 fait la fin de notre s\u00e9jour et avons tent\u00e9 la \u00ab\u00a0route de la derni\u00e8re chance\u00a0\u00bb, celle qui au lieu de longer la c\u00f4te passe un tout petit peu dans les terres.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><b>Hot s<\/b><b>hower<\/b><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Apr\u00e8s l&rsquo;\u00eele de Kefalonia nous avons rapidement travers\u00e9 celle de Lefkada pour rejoindre le continent, motiv\u00e9s \u00e0 y trouver notre premier camping ouvert depuis la Roumanie. Notre derni\u00e8re \u00abdouche\u00a0\u00bb remontait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 quelques jours et nous commencions \u00e0 nous sentir un peu sales. Cette sensation de cheveux gras nous fait chuter directement en bas de l&rsquo;\u00e9chelle de la condition sociale. Notre statut bien particulier de voyageurs en v\u00e9lo nous apporte souvent un vent de sympathie ou de respect, voire d&rsquo;admiration. Nous sommes pourtant conscients que si nous \u00e9tions exactement dans les m\u00eames conditions, mais sans les v\u00e9los, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 dormir dans une tente avec les enfants et \u00e0 nous faire \u00e0 manger sur un petit br\u00fbleur dans nos casseroles noircies par la suie, nous serions plut\u00f4t per\u00e7us comme des clodos&#8230; ou des Pakistanais. Sauf qu&rsquo;au-del\u00e0 des pr\u00e9jug\u00e9s, les Pakistanais sont tr\u00e8s propres et que dans notre soci\u00e9t\u00e9, les gens sales sont surtout des malades mentaux ou des clochards (ou les deux).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le temps doux des derni\u00e8res semaines rend le d\u00e9barbouillage ext\u00e9rieur facile, mais la toilette compl\u00e8te de toute la famille (corps et cheveux) n\u00e9cessite une organisation que peu de bivouacs permettent. Il nous faut de l&rsquo;eau \u00e0 disposition, la possibilit\u00e9 de la faire chauffer un peu et un endroit prot\u00e9g\u00e9 du vent de pr\u00e9f\u00e9rence (et des regards indiscrets). Dimanche dernier, nous \u00e9tions donc pr\u00eats \u00e0 lancer une op\u00e9ration lavage g\u00e9n\u00e9ral et cherchions un endroit appropri\u00e9 pour ce faire. En questionnant un gentilhomme sur la possibilit\u00e9 de nous camper dans un champ, il nous mena sur une oliveraie juste devant chez lui. Un peu plus tard, alors que nous montions le camp, il est venu nous lancer un \u00ab\u00a0you can come in my house if you want\u00a0\u00bb (vous pouvez venir dans ma maison si vous voulez). Nous savions qu&rsquo;il louait des chambres, mais il insista sur le fait qu&rsquo;il ne voulait pas d&rsquo;argent. Forts heureux de la proposition, nous avons remball\u00e9 nos affaires illico presto. Nous imaginions d\u00e9j\u00e0 le bonheur d&rsquo;une douche chaude, d&rsquo;un lit moelleux, peut-\u00eatre d&rsquo;un bon repas en bonne compagnie, agr\u00e9ment\u00e9 d&rsquo;une conversation riche sur nos vies respectives, sur la Gr\u00e8ce, l&rsquo;\u00e9conomie actuelle, le prix de l&rsquo;essence \u00e0 la hausse, Hollande et sa ma\u00eetresse&#8230;. Nous \u00e9tions tellement absorb\u00e9s par nos pens\u00e9es que nous l&rsquo;avons \u00e0 peine entendu lorsqu&rsquo;il nous a plant\u00e9s au milieu de sa pelouse avec un \u00ab\u00a0vous pouvez vous installer o\u00f9 vous voulez et n&rsquo;h\u00e9sitez pas \u00e0 me demander si vous avez besoin de quelque chose\u00a0\u00bb. La tente fut donc install\u00e9e sur leur pelouse et nous avons mang\u00e9 dans la nuit, d\u00e9\u00e7us par nos illusions et le mauvais anglais de notre h\u00f4te. Il aurait d\u00fb nous dire \u00ab\u00a0garden\u00a0\u00bb plut\u00f4t que \u00ab\u00a0house\u00a0\u00bb. Malgr\u00e9 leur gentillesse, nous avons peu discut\u00e9 avec eux. Ils \u00e9taient tr\u00e8s occup\u00e9s \u00e0 pr\u00e9parer le jardin pour la saison touristique qui arrive \u00e0 grands pas. Nous sommes repartis le lendemain matin encore plus sales que la veille&#8230;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est au camping de Riza que nous avons pu faire une surconsommation d&rsquo;eau chaude. Nous y sommes rest\u00e9s deux jours. Les deux premiers d&rsquo;une belle s\u00e9rie de cinq jours de pluie et d&rsquo;orages. Nous \u00e9tions heureusement bien prot\u00e9g\u00e9s sous une infrastructure en b\u00e9ton du camping. Cet arr\u00eat nous a permis de rencontrer un tr\u00e8s sympathique Grec install\u00e9 en Suisse. Il revient vivre dans une caravane quelques mois par ann\u00e9e depuis sa retraite. Il nous a invit\u00e9s \u00e0 partager un d\u00e9licieux repas le mercredi midi, juste avant notre d\u00e9part. Sa vision du pays est triste. Selon lui, la Gr\u00e8ce a bien chang\u00e9 depuis les vingt derni\u00e8res ann\u00e9es. Les gens souffrent r\u00e9ellement de la crise et toute cette pauvret\u00e9 cr\u00e9e d&rsquo;\u00e9normes tensions et beaucoup de violence avec les immigr\u00e9s. Nous le constatons tous les jours lorsque les gens nous disent de faire attention aux Albanais et aux Pakistanais. Il y aurait plus d&rsquo;un million et demi d&rsquo;immigr\u00e9s sur une population de dix millions. Comme nous l&rsquo;avons vu avec les Bangladeshis, cueilleurs de fraises, c&rsquo;est ces \u00e9trangers qui acceptent, comme partout, de faire les travaux les plus durs en \u00e9tant le moins pay\u00e9. Les ch\u00f4meurs grecs n&rsquo;aiment pas \u00e7a\u00a0! Selon Christos, cela prendra bien deux g\u00e9n\u00e9rations pour que les mentalit\u00e9s changent et que la situation s&rsquo;am\u00e9liore. C&rsquo;\u00e9tait exactement l&rsquo;avis de Stavros, en Cr\u00e8te.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><b>Prison or not prison\u00a0?<\/b><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab\u00a0Verboten\u00a0!\u00a0\u00bb (Interdit !) nous a lanc\u00e9 le vieux grec depuis sa mobylette en regardant Elouan sur le v\u00e9lo, puis en pointant le chariot avec Yana\u00ebl. Il parlait tr\u00e8s bien allemand, un peu trop vite pour mes oreilles et m\u00eame celles de Ronan, mais nous a r\u00e9p\u00e9t\u00e9 plusieurs fois la m\u00eame chose. Ce que nous faisions n&rsquo;\u00e9tait pas correct\u00a0! Nous, adultes, \u00e7a passait encore, mais les enfants, non\u00a0! Ce monsieur qui nous avait paru bien gentil la veille et dont la femme nous avait gentiment apport\u00e9 du bois et des \u0153ufs durs tout chauds, nous a lanc\u00e9 son m\u00e9contentement au visage. Il n&rsquo;avait probablement pas beaucoup dormi de la nuit, pr\u00e9occup\u00e9 par ces mauvais parents qui laissent leurs enfants dormir dehors par un temps pareil. Il n&rsquo;\u00e9tait pas le seul \u00e0 s&rsquo;\u00eatre fait du souci. Une jeune femme \u00e9tait \u00e9galement venue nous voir avant la nuit pour nous dire de faire attention (aux Albanais bien entendu) et \u00e9tait revenue pour nous donner son num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone, au cas o\u00f9&#8230; Elle en avait profit\u00e9 pour offrir des sucreries aux enfants. Elle les avaient m\u00eame aid\u00e9s \u00e0 les d\u00e9baller sous nos yeux effar\u00e9s. Nous allions manger dans quelques minutes&#8230; Puis au petit matin, c&rsquo;est deux autres dames qui sont venus nous offrir une dizaine d&rsquo;oeufs durs ainsi que des fruits. La plus jeune regardait Yana\u00ebl avec des yeux mouill\u00e9s. Un peu plus et elle le cachait sous son blouson pour s&rsquo;enfuir avec lui.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est vrai qu&rsquo;au matin il ventait fort et que les nuages se faisaient de plus en plus mena\u00e7ants. Mais nous avions tr\u00e8s bien dormi sur le petit terrain de foot du village, moelleux \u00e0 souhait. Les enfants s&rsquo;amusaient bien dans l&rsquo;herbe. Il y a avait bien un petit b\u00e2timent \u00e0 l&rsquo;abandon que nous avions h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 squatter pour nous prot\u00e9ger de la pluie, mais la pelouse nous faisait davantage envie que le sol en b\u00e9ton, froid et un peu crasseux. Tous ceux qui sont pass\u00e9s nous voir ce soir-l\u00e0 (sept personnes) nous avaient sugg\u00e9r\u00e9 de nous y r\u00e9fugier, mais il est difficile d&rsquo;expliquer \u00e0 quelqu&rsquo;un qui n&rsquo;a jamais dormi dans une tente qu&rsquo;elle est plus chaude et confortable qu&rsquo;un int\u00e9rieur non chauff\u00e9 et que nous pr\u00e9f\u00e9rons la vue du ciel \u00e9toil\u00e9 ou du soleil le matin au mur gris d&rsquo;un bat\u00eement d\u00e9safect\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous en avions rigol\u00e9 de toutes ces attentions, peu coutumes en Gr\u00e8ce, mais la conversation avec le grand-p\u00e8re \u00e0 la raideur germanique n&rsquo;\u00e9tait plus aussi dr\u00f4le. \u00ab\u00a0Des enfants doivent \u00eatre au chaud dans une maison\u00a0!\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Si j&rsquo;\u00e9tais policier, vous seriez arr\u00eat\u00e9s\u00a0!\u00a0\u00bb nous a-t-il finalement crach\u00e9 en faisant un signe de menottes sur ces poignets.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous avons repris la route sous un ciel gris. Les bourrasques sont devenues de plus en plus fortes, mais ce n&rsquo;\u00e9tait pas seulement le vent qui me faisait tanguer. Les paroles du vieil homme m&rsquo;avaient \u00e9branl\u00e9 plus que je ne le croyais. Il nous avait mis dans la cat\u00e9gorie des criminels&#8230; Sommes-nous d&rsquo;horribles parents \u00e9go\u00efstes\u00a0? Les enfants sont-ils malheureux, mal aim\u00e9s\u00a0? Pourquoi suis-je certaine que cette exp\u00e9rience est b\u00e9n\u00e9fique pour eux\u00a0? J&rsquo;ai pass\u00e9 la matin\u00e9e \u00e0 reconsolider plusieurs fois le mur de mes convictions, fissur\u00e9 par cette secousse psychique.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mon enfance sur un bateau m&rsquo;a ouvert un \u00e9ventail de certitudes quant aux b\u00e9n\u00e9fices d&rsquo;\u00e9lever des enfants dans un cadre de voyage et de vie en ext\u00e9rieur. Le voyage permet d&rsquo;agrandir notre compr\u00e9hension du monde, dans un cadre de jugement invers\u00e9. En s&rsquo;immergeant dans une culture diff\u00e9rente de la sienne, on s&rsquo;oblige \u00e0 \u00eatre jug\u00e9 comme \u00e9tranger, et non l&rsquo;inverse. Malgr\u00e9 son jeune \u00e2ge et au-del\u00e0 des petits tracas quotidiens, Elouan a acquis une conscience du monde, des pays, des langues et des diff\u00e9rences culturelles qui lui laisseront davantage que des souvenirs d&rsquo;enfance. Il observe, s&rsquo;interroge, apprend les sons, les go\u00fbts. Il cherche \u00e0 traduire, \u00e0 se faire comprendre par les gens avec des mots simples. Je sais aussi que contrairement aux id\u00e9es re\u00e7ues, les enfants n&rsquo;ont pas besoin de beaucoup de confort, s&rsquo;ils ont la s\u00e9curit\u00e9 d&rsquo;un cadre familial \u00e9panouissant. Elouan ne se plaint jamais du temps, au contraire. Alors que nous \u00e9tions un peu traumatis\u00e9s par la neige en Roumanie, il \u00e9tait ravi\u00a0! Il est content de mettre ses habits de pluie et de sauter dans les flaques lorsqu&rsquo;il pleut et il joue \u00e0 faire du parapente lorsqu&rsquo;il vente, bref, il se moque bien du temps qu&rsquo;il fait. Son matelas est perc\u00e9 depuis des mois (parents indignes que nous sommes&#8230;) pourtant il se r\u00e9veille chaque matin en nous assurant qu&rsquo;il a parfaitement dormi&#8230;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La situation de Yana\u00ebl est diff\u00e9rente. Peut-\u00eatre a-t-il plus souffert des intemp\u00e9ries, mais je me r\u00e9p\u00e8te souvent qu&rsquo;il aura eu les deux plus belles premi\u00e8res ann\u00e9es qu&rsquo;un b\u00e9b\u00e9 puisse avoir\u00a0; la pr\u00e9sence continue de ses deux parents et de son fr\u00e8re, l&rsquo;allaitement \u00e0 volont\u00e9, des nuits coll\u00e9es au chaud, aucune s\u00e9paration&#8230; (la situation sera un peu plus compliqu\u00e9e au retour, mais pour l&rsquo;instant il en profite encore&#8230;) Nous aimons dire que nos enfants sont comme des poules\u00a0: \u00e9lev\u00e9s en plein air\u00a0!<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;aurais aim\u00e9 expliquer tout cela et bien plus au vieil homme. Mais nous \u00e9tions d\u00e9j\u00e0 loin et je n&rsquo;aurais probablement pas pu lui faire comprendre quoi que ce soit. Une autre question me tracassait\u00a0pourtant: est-ce que tout le monde pense comme cet homme\u00a0? Je me suis mise \u00e0 regarder les gens avec un autre regard, plus suspicieux, et \u00e0 baisser les yeux, un peu g\u00ean\u00e9e. Ce midi-l\u00e0, les \u0153ufs avaient un dr\u00f4le de go\u00fbt. L\u00e9g\u00e8rement amer.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><b>Sur le bord de la <\/b><b>r<\/b><b>ivi\u00e8re Acheron, je me suis assise et j&rsquo;ai regard\u00e9 la <\/b><b>gr\u00eale<\/b><b> tomb\u00e9e<\/b><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Notre coup de barre \u00e0 tribord pour entrer dans les terres a bien pay\u00e9. La route entre Shouras et Glizi nous a fait traverser une belle plaine cern\u00e9e par deux versants montagneux. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 de jolis vallons verdoyants, dessin\u00e9s comme des vagues d&rsquo;enfants. De l&rsquo;autre de majestueuses montagnes, hautes et abruptes, tout en rochers. C&rsquo;est \u00e0 Glizi que nous avons aper\u00e7u la magnifique rivi\u00e8re turquoise\u00a0; l&rsquo;Acheron, r\u00e9put\u00e9e pour le passage de ses morts&#8230; C&rsquo;est tout pr\u00e8s d&rsquo;elle que nous avons pass\u00e9 les deux derniers jours de cet \u00e9pisode pluvieux. Encore une fois prot\u00e9g\u00e9s par le toit d&rsquo;un restaurant, nous avons \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 de multiples orages, ainsi qu&rsquo;\u00e0 une temp\u00eate de gr\u00eale qui s&rsquo;est abattue sur la r\u00e9gion. Le grand-p\u00e8re de quatre-vingts ans, propri\u00e9taire du terrain, n&rsquo;en avait jamais vu de pareil, nous non plus. La gentillesse et la douceur de cet homme, de son fils et de sa petite-fille qui sont pass\u00e9s tour \u00e0 tour pour s&rsquo;assurer du confort de notre installation nous ont rapidement fait passer par dessus l&rsquo;\u00e9pisode un peu blessant de la veille. Au retour d&rsquo;une promenade, nous avons trouv\u00e9 un sac de cinq kilos remplis d&rsquo;oranges et de citrons, de m\u00eame que dix \u0153ufs frais. Ce soir-l\u00e0, notre ami Alain rencontr\u00e9 en Cr\u00e8te nous avait rejoints et nous avons savour\u00e9 ensemble une d\u00e9licieuse omelette.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les derniers jours en Gr\u00e8ce ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s beaux et chauds. Apr\u00e8s Glizi, nous avons poursuivi par l&rsquo;int\u00e9rieur pour rejoindre Filates par une alternance de route secondaire et tertiaire, tr\u00e8s peu fr\u00e9quent\u00e9e, passant par monts et vall\u00e9es, fr\u00f4lant la montagne et offrant de sublimes panoramas. Les mont\u00e9es \u00e9taient douces et les descentes euphorisantes tant la route \u00e9tait belle. Nous en avons profit\u00e9, sachant que l&rsquo;Albanie nous r\u00e9serve des pistes plut\u00f4t d\u00e9labr\u00e9es sur lesquelles il sera impossible de descendre \u00e0 vive allure. Cette derni\u00e8re partie nous a r\u00e9concili\u00e9es avec le pays, sa grande beaut\u00e9 et la gentillesse de ses habitants. Nous pouvions imaginer les montagnes du centre, d\u00e9cor\u00e9es de petites routes perdues et pentues. Nous nous promettons d&rsquo;y revenir&#8230; en camion.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Sandrine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Trop de mers tuent la mer La Gr\u00e8ce est le deuxi\u00e8me pays, apr\u00e8s la R\u00e9publique Tch\u00e8que, que nous ayons eu h\u00e2te de quitter. Nous y sommes rest\u00e9s trois mois. C&rsquo;\u00e9tait un peu trop. 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