{"id":916,"date":"2013-10-01T10:27:06","date_gmt":"2013-10-01T08:27:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lepennec.org\/partons\/?p=916"},"modified":"2013-10-01T10:30:50","modified_gmt":"2013-10-01T08:30:50","slug":"balade-automnale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lepennec.org\/partons\/balade-automnale\/","title":{"rendered":"Balade automnale"},"content":{"rendered":"<style type=\"text\/css\"><!--\nP { margin-bottom: 0.21cm; }\n--><\/style>\n<p>Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 deux jours \u00e0 Alba Iulia aux abords de la gare \u00e0 chercher une solution pour nous d\u00e9placer au sud du pays, nous avons constat\u00e9 que cela \u00e9tait bien compliqu\u00e9. Pour prendre le bus, nous devons d\u00e9monter et emballer nos v\u00e9los. Quant aux trains, ils nous offrent deux minutes d&rsquo;arr\u00eat pour monter notre chargement. Bref, c&rsquo;est un peu mission impossible. Install\u00e9s au chaud dans une petite cantine, nous avons pris la d\u00e9cision de continuer plus \u00e0 l&rsquo;est, au pied des montagnes, en esp\u00e9rant que le temps s&rsquo;am\u00e9liore et nous permette de les traverser du c\u00f4t\u00e9 de Brasov.<\/p>\n<p>Bien \u00e9videmment, d\u00e8s que nous repr\u00eemes la route, le ciel s&rsquo;est mis \u00e0 faire des siennes. Pendant 3 jours, nous avons eu droit \u00e0 un bon vent de face et des temp\u00e9ratures rappelant plut\u00f4t les vacances de la Toussaint. Ce n&rsquo;est pas toujours commode mais cela nous attire l&#8217;empathie dans beaucoup d&rsquo;endroits que nous traversons.<\/p>\n<p>A Pianu de Jos, alors que nous demandions notre chemin, et que deux villageois se querellaient pour savoir quel \u00e9tait le meilleur itin\u00e9raire \u00e0 suivre, une dame nous a propos\u00e9 de venir chez elle pour nous requinquer un peu. Il n&rsquo;\u00e9tait que 10h30 mais nous y sommes all\u00e9s de bon c\u0153ur.<\/p>\n<p>Devant la porte de sa maison, une pierre tombale. Celle de son fils de 4 ans, heurt\u00e9 par une voiture il y a 14 ans. Cette dame a tout de suite pris les enfants d&rsquo;affection. Elle s&rsquo;est mise \u00e0 rigoler en regardant les deux dents de Yana\u00ebl sachant qu&rsquo;elle n&rsquo;en avait pas beaucoup plus. M\u00e8re de 9 enfants, ces 7 plus grands vivent et travaillent en Espagne. Le dernier a 16 ans et pratique son espagnol ppour rejoindre la fratrie. Comme souvent, la table est venue se garnir de produits de la maison, les l\u00e9gumes du jardin, le fromage, la confiture, le gras de cochon (que nous avons encore du mal \u00e0 appr\u00e9cier au petit d\u00e9jeuner) et le pain confectionn\u00e9s sur place. Sandrine me raconta plus tard qu&rsquo;elle lui a demand\u00e9 si elle avait allait\u00e9 ses enfants. Elle r\u00e9pondit par l&rsquo;affirmative, presque deux ans chacun, et pour pi\u00e8ce \u00e0 conviction, souleva son t-shirt pour montrer sa g\u00e9n\u00e9reuse poitrine en remerciant Dieu. Bien \u00e9videmment, elle ne portait pas de soutien-gorge. Sandrine un peu g\u00ean\u00e9e, n&rsquo;a pas fait la m\u00eame chose se demandant si c&rsquo;\u00e9tait une tradition.<\/p>\n<p>Nous sommes repartis de l\u00e0 \u00e9mus. Elle s&rsquo;est mise \u00e0 pleurer avant que nous partions en nous disant de faire attention aux enfants.Touch\u00e9s par cette histoire, nous y avons pens\u00e9 toute la journ\u00e9e. C&rsquo;est certainement pour \u00e7a que nous avons craqu\u00e9 vingt kilom\u00e8tres plus loin quand nous v\u00eemes un petit chiot tout penaud sur le bord de la route. Nous avons d\u00e9couvert qu&rsquo;il vivait dans le caniveau \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du cadavre de son fr\u00e8re. Encore une histoire macabre. Nous avons suppos\u00e9 qu&rsquo;ils avaient d\u00fb se faire abandonner par leur m\u00e8re et Sandrine s&rsquo;est mise en t\u00eate de sauver le petit animal. Elle a am\u00e9nag\u00e9 un petit espace dans sa sacoche guidon et nous sommes partis \u00e0 l&rsquo;\u00e9picerie pour acheter du lait avec ce nouveau compagnon.<\/p>\n<p>Malheureusement, le petit chien \u00e9tait bien mal en point et il n&rsquo;a pas surv\u00e9cu. Malgr\u00e9 nos tentatives de soin, il a succomb\u00e9 au bout de deux jours. Nous \u00e9tions tristes mais \u00e0 la fois soulag\u00e9s, un chien dans l&rsquo;histoire ne nous aurait pas facilit\u00e9 la t\u00e2che. Ainsi dimanche, \u00e0 l&rsquo;heure de la messe, nous avons pris le temps d&rsquo;am\u00e9nager une petite tombe sur le bord de la route avant de continuer notre chemin vers Sibiu.<\/p>\n<p>En arrivant le soir dans la ville, nous avons commenc\u00e9 \u00e0 parlementer pour savoir o\u00f9 nous allions passer la nuit. Je ne voulais plus p\u00e9daler et surtout pas sortir de la ville pour trouver un endroit o\u00f9 mettre la tente. Sandrine me r\u00e9torqua que nous nous \u00e9tions d\u00e9j\u00e0 pay\u00e9s une pension la veille et les chambres de Sibiu \u00e9taient ch\u00e8res. La mayonnaise montait bien entre nous lorsqu&rsquo;un beau jeune homme est venu nous parler. Il nous a donn\u00e9 plein de conseils et notamment un endroit o\u00f9 nous pouvions camper \u00e0 5 kilom\u00e8tres du centre-ville. Adieu chambre chaude, retour sous la tente \u00e0 manger des p\u00e2tes.<\/p>\n<p>Comme souvent quand nous nous arr\u00eatons en ville avec les v\u00e9los, nous suscitons beaucoup de curiosit\u00e9s et les passants les moins timides viennent nous poser toute sorte de question. Nous avons eu la chance de rencontrer Roxanna. Elle est venue spontan\u00e9ment nous proposer de dormir dans l&rsquo;appartement qu&rsquo;elle partage avec son compagnon alors que nous \u00e9tions assis sur un banc. Nous y sommes finalement rest\u00e9s deux jours. Comme les quelques fois o\u00f9 nous rencontrons des gens de notre \u00e2ge, la diff\u00e9rence culturelle dispara\u00eet et nous pouvons \u00e9changer longuement sur nos situations respectives. Marius est acteur et g\u00e8re une vie professionnelle bien remplie. Roxanna est \u00e9galement dans le milieu th\u00e9\u00e2tral et gal\u00e8re un peu pour trouver du travail dans son domaine. Ils projettent de partir \u00e0 v\u00e9lo d&rsquo;ici quelques temps. Ces deux jours auront permis \u00e0 Sandrine de se remettre d&rsquo;une indigestion de placenta, sp\u00e9cialit\u00e9 roumaine bien grasse. Pas \u00e9tonnant que cela rende malade avec un nom pareil.<\/p>\n<p>Ce fut un peu difficile de repartir. Pour la premi\u00e8re fois, Sandrine a craqu\u00e9. Elle s&rsquo;est mise \u00e0 me parler d&rsquo;une petite maison avec un feu de chemin\u00e9e. Mais bon, une fois repartis, on oublie assez vite le confort int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Entre\u00a0Sibiu et Brasov, nous avons travers\u00e9 beaucoup de villages saxons. Ces villages sont aujourd&rsquo;hui majoritairement habit\u00e9s par des Tziganes.Les saxons ayant progressivement quitt\u00e9 la Roumanie apr\u00e8s la chute du communisme. Ici, les hommes arborent de beaux\u00a0chapeaux de feutre \u00e0 large bords et les femmes de belles jupes et beaux fichus color\u00e9s. A Mergenthal, un monsieur est venu nous proposer de passer la nuit dans sa maison, la plus grande du village. Lorsque nous sommes arriv\u00e9s dans la cuisine, il y avait 3 Herman, 2 victor et 2 Nicolae. La tradition tzigane veut que l&rsquo;on donne le nom du p\u00e8re au premier fils de la famille. C&rsquo;est assez pratique pour Sandrine qui a souvent du mal \u00e0 se souvenir des pr\u00e9noms. Notre h\u00f4te Herman \u00e0 39 ans est d\u00e9j\u00e0 4 fois grand-p\u00e8re. Une autre tradition tzigane veut que l&rsquo;on se marie jeune. Il s&rsquo;est mari\u00e9 \u00e0 14 ans et a eu son premier enfant \u00e0 15 ans. Nous avons pass\u00e9 la soir\u00e9e \u00e0 discuter, intrigu\u00e9s par cette communaut\u00e9 que nous connaissons peu et dont on nous dit de se m\u00e9fier depuis notre entr\u00e9e en Roumanie. Nous nous sommes pourtant sentis tr\u00e8s bien avec eux. Herman, Maria et leur fils ont fait preuve d&rsquo;une tr\u00e8s grande gentillesse et de beaucoup de sinc\u00e9rit\u00e9 ne nous cachant pas que derri\u00e8re l&rsquo;apparente opulence, leur quotidien \u00e9tait souvent difficile. Herman part chaque ann\u00e9e pendant 6 \u00e0 8 mois \u00e0 Paris pour travailler. L\u00e0-bas, il vit dans une petite baraque sous le p\u00e9riph\u00e9rique qu&rsquo;il reconstruit \u00e0 chaque descente de police. Il arrive \u00e0 trouver des petits boulots au noir par ci par l\u00e0 mais \u00e7a ne semble pas \u00eatre la joie. Sa femme l&rsquo;accompagne de temps en temps mais c&rsquo;est encore plus dur pour elle. Sans qualification et ne parlant presque pas fran\u00e7ais, il lui reste la mendicit\u00e9 pour ramener un peu d&rsquo;argent. Peu \u00e0 peu, ils r\u00e9novent leur maison pour en faire une petite villa. Ils leur restent encore beaucoup de travail mais je ne doute pas qu\u00a0&lsquo;un jour, ils auront une belle maison.Pour le moment, la belle demeure n&rsquo;offre pas toutes les commodit\u00e9s auxquelles on pourrait s&rsquo;attendre. Pas d&rsquo;eau courante, pas de douche ni de toilettes. Au moment du coucher, Sandrine me demanda \u00ab\u00a0O\u00f9 sont les toilettes\u00a0?\u00a0\u00bb. Je lui r\u00e9pondis \u00abC&rsquo;est simple, c&rsquo;est la porte \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des vaches et des cochons, il faut traverser le hangar o\u00f9 il y a des moutons et il faut tourner \u00e0 gauche.\u00a0\u00bbComme dans la plupart des maisons \u00e0 la campagne, les toilettes s\u00e8ches sont \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la porcherie.<\/p>\n<p>Nous sommes depuis dimanche \u00e0 Rasnov \u00e0 vingt kilom\u00e8tres de Brasov. Nous s\u00e9journons dans une petite pension bien sympathique. Compte tenu des temp\u00e9ratures, le s\u00e9jour en tente devient difficile. Nous avons eu droit \u00e0 notre premi\u00e8re gel\u00e9e matinale.J&rsquo;ai eu la d\u00e9sagr\u00e9able surprise de me r\u00e9veiller et de constater qu&rsquo;il faisait 0\u00b0C dehors. J&rsquo;avoue ne pas avoir tr\u00e8s bien dormi mais Sandrine m&rsquo;a dit qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas eu froid.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un printemps pourri, l&rsquo;automne commence de fa\u00e7on brutale. Notre projet de traverser les montagnes du c\u00f4t\u00e9 de Brasov tombe \u00e0 l&rsquo;eau. Ils annoncent de la neige pour les jours \u00e0 venir, nous allons donc prendre le train pour nous rendre au bord de la mer. Un petit raccourci de 400km qui, nous l&rsquo;esp\u00e9rons, nous permettra de gagner quelques degr\u00e9s.<\/p>\n<p>Par contre, ce ne sera pas parfait non plus du c\u00f4t\u00e9 de Constanta. Les pr\u00e9visions m\u00e9t\u00e9orologiques annoncent des temp\u00e9ratures inf\u00e9rieures de 10 degr\u00e9s par rapport aux normales saisonni\u00e8res pour toute la semaine sur tout le pays. Nous esp\u00e9rons seulement que le froid ne va pas s&rsquo;installer pour de bon.<\/p>\n<p>PS\u00a0: Yana\u00ebl a souffl\u00e9 sa premi\u00e8re bougie mercredi dernier. Enfin, Elouan l&rsquo;a un peu aid\u00e9. Notre petit gar\u00e7on va bien m\u00eame s&rsquo;il a un peu la goutte au nez. Nous sommes heureux de le voir grandir et commencer \u00e0 se d\u00e9placer. Le temps o\u00f9 il restait sagement assis sur le plaid est depuis longtemps r\u00e9volu. En qu\u00eate de libert\u00e9 et d&rsquo;espace, nous devons sans cesse \u00eatre derri\u00e8re lui. Les terrains o\u00f9 nous sommes sont souvent jonch\u00e9s de mat\u00e9riaux pas tr\u00e8s ad\u00e9quats pour un b\u00e9b\u00e9 d&rsquo;un an. Des crottes, beaucoup de crottes, de la laine, des cailloux et du bois, il exp\u00e9rimente \u00e0 sa fa\u00e7on les joies du voyage.<\/p>\n<p>Ronan<\/p>\n<p><strong>Statistiques du 5\u00e8me mois\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p>884km parcourus (4070km depuis le d\u00e9part)<\/p>\n<p>5650m de d\u00e9nivel\u00e9 ascendant (26 846m depuis le d\u00e9part)<\/p>\n<p>24 jours p\u00e9dal\u00e9s<\/p>\n<p>36,83km \/ jour roul\u00e9<\/p>\n<p>24,29\u20ac par jour (28,12 \u20ac\/jour depuis le d\u00e9part)<\/p>\n<p>14 nuits en camping sauvage<\/p>\n<p>7 nuits en camping payant<\/p>\n<p>3 nuits en pension<\/p>\n<p>7 invitations spontan\u00e9es<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 deux jours \u00e0 Alba Iulia aux abords de la gare \u00e0 chercher une solution pour nous d\u00e9placer au sud du pays, nous avons constat\u00e9 que cela \u00e9tait bien compliqu\u00e9. Pour prendre le bus, nous devons d\u00e9monter et emballer nos v\u00e9los. 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